amusique

La muse comme passage vers l’imaginaire

Sculpture et réalité virtuelle

En collaboration avec l’artiste performeuse et chanteuse Kelly Mézino, nous nous réapproprions la célèbre photographie “Le Violon d’Ingres” de Man Ray qui présente le dos de Kiki de Montparnasse décoré de deux ouïes de violon.

Dans cette œuvre d’art numérique, nous utilisons le sens du toucher, de la vue et de l’ouïe pour recréer le lien entre l’artiste, le modèle et le spectateur. Le spectateur, équipé d’un casque de réalité virtuelle, est invité à caresser le moulage en silicone équipé de capteurs de pression du dos de l’artiste Kelly Mézino. À travers ce casque, en fonction du toucher du spectateur, le double numérique de la modèle se mettra à chanter et son dos virtuel se recouvrira de tatouages animés. Ainsi, la symbolique et la sensualité de la photographie originale se transforme en sublimant ce corps de femme comme instrument de musique..

Le modèle ou la muse?

Lorsque Man Ray regarde le dos de sa muse Kiki, que voit-il ? Un dos ? Un violon ? Qu’est-ce qui différencie alors le modèle de la muse ? Que voit l’artiste quand il regarde sa modèle ou crée une œuvre ? La beauté d’un corps ? Au-delà ?

Amusique s’inscrit dans le cadre du projet Kellynoide, une série d’œuvres numériques explorant la création d’un acteur virtuel, la Kellynoïde, Double-Autre de l’artiste plurielle, Kelly Mézino, à la frontière entre l’art, la technologie, et l’imaginaire . Aux côtés de “Line”, une autre pièce s’appuyant sur la Kellynoïde, “Amusique” poursuit notre quête de fusionner l’art traditionnel avec les innovations technologiques. Inspirée par “Le Violon d’Ingres” de Man Ray, “Amusique” rend hommage à Kiki de Montparnasse, non seulement comme modèle, mais comme une véritable porte vers l’imaginaire. À travers cette œuvre, nous cherchons à montrer que la muse transcende son rôle de modèle pour devenir une source inépuisable de créativité et de rêve. En intégrant des technologies interactives et immersives, “Amusique” invite les spectateurs à une expérience sensorielle unique, où l’art et la réalité virtuelle se rencontrent pour créer des mondes oniriques et surréalistes.

Sculpture numérique, moulage et impression 3D

Nous avons commencé par une séance de pose avec Kelly pour nous assurer que nous étions tous d’accord sur la posture et l’expression de “Amusique”. Cette étape était cruciale pour capturer l’essence de notre vision artistique. Une fois la pose définie, nous avons entrepris les premiers tests de modélisation en utilisant Taupipeline qui intègrent des logiciels comme Blender, ZBrush et Houdini. Ces outils nous ont permis de créer une image en 3D détaillée et fidèle à notre concept initial. Cette phase de modélisation a été essentielle pour donner vie à “Amusique” et préparer les étapes suivantes de notre projet.

Après avoir finalisé la modélisation en 3D, nous avons procédé à l’impression d’une figurine de Kelly Mezino grace à une imprimante 3D, ainsi qu’une de première version du buste d'”Amusique” que le public sera amené à caresser. Cette version imprimée en PLA nous a permis de visualiser concrètement notre œuvre et d’apporter les ajustements nécessaires.

Parallèlement, nous avons créé des images de synthèse de ce que verra le spectateur pour documenter chaque étape du processus et garantir la fidélité de notre vision artistique. Ces images ont été essentielles pour affiner les détails et préparer la version finale de “Amusique”.

Après avoir finalisé la première version imprimée en 3D et les images de référence, nous avons réalisé une impression grandeur nature du moule du buste. Cette étape nous a permis de créer une peau en silicone, simulant ainsi la texture réaliste de la peau humaine. Ce processus a été crucial pour donner à “Amusique” une apparence authentique et tactile, renforçant l’immersion et l’interaction avec l’œuvre.

Capteurs et Arduino

Pour rendre la surface de “Amusique” tactile, nous avons intégré des capteurs de pression connectés à des modules Arduino. Ces capteurs permettent de percevoir les caresses que les spectateurs prodigueront à la sculpture en silicone. Afin d’installer cette électronique de manière optimale, nous avons réimprimé la structure interne du buste avec des aménagements spécifiques. Cette structure interne est ensuite recouverte par une couche de silicone, simulant la texture de la peau humaine tout en intégrant les capteurs de pression. Cette innovation permet une interaction unique et immersive entre l’œuvre et le public.

Le monde imaginaire

Immersion et réalité virtuelle

L’idée que Kelly Mézino et moi avons développée est de faire du corps de la muse un passage vers l’imaginaire. Nous utilisons la réalité virtuelle comme moyen de parcourir les rêves et l’imaginaire. Ainsi, nous avons créé des environnements interactifs, contrôlés par les capteurs intégrés dans le dos du buste en silicone. Ces capteurs permettent aux spectateurs de traverser des événements qui vont d’un hommage direct à la photographie de Man Ray à des univers inspirés de De Chirico, Magritte ou Prévert. Cette approche immersive et interactive transforme “Amusique” en une expérience unique, où la muse devient une porte vers des mondes oniriques et surréalistes.

Interaction et touchée

L’immersion grâce au casque de réalité virtuelle permet au spectateur de vivre une expérience de rêve surréaliste. Cette vue immersive, interactive et à 360 degrés, combinée à la matérialisation des mains du spectateur par l’intermédiaire d’un Leap Motion, renforce cette impression onirique. Les spectateurs peuvent ainsi interagir avec les environnements virtuels que nous avons créés, se déplaçant à travers des univers inspirés de De Chirico, Magritte ou Prévert. Cette technologie permet de transformer “Amusique” en une expérience sensorielle complète, où l’imaginaire prend vie de manière tangible et immersive.

NTAa’25 Zebrastraat Ghent

 “Amusique” est présentée au Zebrastraat de Gand en Belgique dans le cadre du NTAa ’25, une exposition qui célèbre l’intersection entre le surréalisme et l’intelligence artificielle. du 20 février au 8 juin 2025. Il fait partie des 22 oeuvres selectionnés par le commissaire Thierry Dufrêne.